Newquay est surtout connue comme station balnéaire de Cornouailles. Mais son port abrite aussi une pêche bien vivante, avec huit à dix bateaux qui y sont basés. Au cœur de cette activité, des familles de pêcheurs de homards et de tourteaux qui se transmettent le métier depuis des générations. Quel avenir pour eux ?
Un port rythmé par les marées
Le port de Newquay assèche à marée basse : les heures de départ vers les zones de pêche dépendent de la marée, et au retour, il faut assez d’eau pour entrer au port, débarquer la pêche et amarrer les bateaux pour la nuit.
Un métier qui a changé
La pêche est un métier rude, surtout par vent fort et mer agitée. Autrefois, un pêcheur pouvait vivre de 100 casiers à crabes ou à homards ; aujourd’hui, il en faut plutôt 600 à 700. La raison : de grands bateaux pêchent désormais dans la Manche et le long des côtes de Cornouailles avec des centaines, voire des milliers de casiers. Autrefois, on remontait les casiers l’hiver pour qu’ils ne se brisent pas sur les rochers ; aujourd’hui, les gros navires laissent leur matériel en mer et pêchent tout l’hiver.
Une affaire de famille
À Newquay, certaines familles pêchent le homard et le tourteau depuis des décennies : le grand-père débarquait déjà sa pêche chez les poissonniers de la région dans les années 1990, ses fils ont repris le flambeau avec leurs propres bateaux, et les petits-enfants rêvent déjà de suivre leurs traces.
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Des homards plus nombreux
Beaucoup de pêcheurs de Newquay le disent : ils n’ont jamais vu autant de petits homards que ces dernières années, de toutes tailles, dont beaucoup atteindront la taille légale l’an prochain. Un bon signe.
Pourquoi cette hausse ? Certains avancent que les jeunes homards sont la proie de la morue et d’autres poissons ronds. Avec le réchauffement des eaux autour de la Cornouailles, ces poissons sont remontés plus au nord, ce qui laisserait les juvéniles grandir en paix.
Un repeuplement soutenu
L’écloserie nationale de homards, installée à Padstow, a relâché plus de 500 000 homards juvéniles en une vingtaine d’années pour soutenir la ressource.
Des règles de pêche strictes
- Une taille minimale : il est interdit de débarquer un homard en dessous d’une taille légale, ce qui correspond en moyenne à un animal de cinq à six ans.
- Les femelles grainées protégées : une femelle portant des œufs ne peut pas être débarquée. Les pêcheurs entaillent sa queue d’une encoche en V avant de la remettre à l’eau.
- L’encoche en V : tant qu’elle reste visible, généralement 12 à 18 mois, la femelle ne peut pas être débarquée, même sans œufs.
Un avenir encourageant
Les signaux sont positifs : les pêcheurs sont très conscients de la nécessité de protéger les stocks, et ils travaillent main dans la main avec les scientifiques. De quoi espérer que les jeunes générations puissent, elles aussi, vivre de la pêche en Cornouailles.




