Le maquereau frais de Cornouailles devient de plus en plus difficile à trouver. Longtemps considéré comme l’un des poissons les plus abondants et les plus durables du Royaume-Uni, il traverse une crise. Voici ce qui explique cette pénurie, ce qu’elle change pour les amateurs de poisson et pourquoi le maquereau surgelé est une bonne alternative.
Pourquoi le maquereau se fait-il rare ?
En bref : les stocks de maquereau de l’Atlantique Nord-Est sont en fort déclin, et 2026 s’annonce comme l’année où les consommateurs le remarqueront vraiment.
Des stocks en baisse
Pendant des décennies, les pêcheurs à la ligne de Cornouailles ont fait des prises estivales régulières, et le maquereau était vu comme un choix responsable. En 2025, le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), principal organisme scientifique chargé des avis sur les stocks de poissons, a confirmé que ces stocks étaient passés sous les seuils durables. Son avis : réduire les débarquements commerciaux d’au moins 70 % en 2026 pour amorcer une reprise.
Une surpêche internationale
La flotte artisanale de Cornouailles, qui pêche à la ligne à main, ne capture qu’une part infime du total, environ 900 tonnes par an pour tout le sud-ouest de l’Angleterre. Mais le maquereau est un poisson migrateur : ce qui se passe au large de la Norvège, des îles Féroé ou de l’Islande a un impact direct sur les bancs qui arrivent en Cornouailles chaque été.
Depuis des années, les pays pêcheurs peinent à s’accorder, et le total des captures dépasse largement les recommandations scientifiques. Un faible recrutement, c’est-à-dire trop peu de jeunes poissons pour renouveler la population, aggrave la situation. L’Union européenne a proposé une baisse de 77 % des captures en 2026, conforme aux avis scientifiques, mais sans accord de tous les pays concernés, la reprise sera lente.
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Des eaux qui changent
Sur la côte des Cornouailles, les bancs qui revenaient chaque été avec régularité sont devenus rares et imprévisibles. Le guide régional des produits de la mer durables a désormais classé le maquereau en note 5, « à éviter », quelle que soit la méthode de pêche. Un signal fort pour un poisson longtemps emblématique de la région.
Quelles conséquences pour les consommateurs ?
La pénurie se répercute sur la distribution et la restauration. Certaines grandes enseignes britanniques ont suspendu la vente de maquereau frais, réfrigéré et surgelé, au nom de leurs engagements d’approvisionnement durable, et le maquereau en conserve devrait suivre. Les poissonniers indépendants, eux, doivent concilier transparence envers leurs clients et envie de continuer à proposer un poisson très apprécié.
Le maquereau surgelé, une bonne alternative
Pêché puis congelé en mer au sommet de sa fraîcheur, le maquereau surgelé permet de continuer à profiter de ce poisson sans compromis sur la qualité. Surgelés individuellement, les filets se prêtent à toutes les cuissons : grillés, fumés, poêlés ou au four.
Le maquereau frais reviendra-t-il ?
L’optimisme reste prudent. Le maquereau est une espèce résiliente, capable de se reconstituer si la pression de pêche baisse nettement et durablement. La pêche à la ligne à main de Cornouailles, l’une des méthodes les moins impactantes au monde, sera bien placée pour reprendre quand les stocks se seront améliorés. Scientifiques, associations et pêcheurs responsables appellent à une action internationale urgente : si elle se concrétise, les migrations estivales du maquereau pourraient de nouveau rythmer la pêche en Cornouailles.




