Les goûts culinaires des présidents américains ont leur propre histoire. Franklin Roosevelt mangeait des ris de veau presque tous les jours, et Lyndon Johnson était réputé difficile. John F. Kennedy, lui, malgré son image de citadin moderne, adorait un plat on ne peut plus typique de la Nouvelle-Angleterre : la chaudrée de poisson.
Une recette partagée avec une jeune admiratrice
La recette est connue grâce à une fillette qui écrivit au président en mars 1961 pour lui demander ce qu’il aimait manger. Sa secrétaire lui répondit en tapant la recette de sa chaudrée préférée, et ce document a été conservé par la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy. Chacun peut ainsi goûter aujourd’hui la soupe copieuse et soyeuse qui avait conquis le président.
L’aiglefin en est la vedette, relevé de lardons de porc salé et accompagné de pommes de terre, de céleri et d’oignons. L’assaisonnement reste minimal : sel, poivre et une feuille de laurier émiettée, le tout réuni dans un bouillon au lait et au beurre. Le goût vient du poisson poché dans l’eau, dont on garde le bouillon, et des légumes revenus dans la graisse du porc salé.
Ingrédients pour 6 personnes
- 900 g de filets d’aiglefin
- 480 ml d’eau
- 60 g de poitrine de porc salée, en dés
- 2 oignons émincés
- 4 grosses pommes de terre en dés
- 100 g de céleri haché
- 1 feuille de laurier émiettée
- 1 litre de lait
- 2 cuillères à soupe de beurre
- 1 cuillère à café de sel et du poivre noir
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Préparation
- Faites frémir l’aiglefin dans l’eau pendant 15 minutes. Égouttez-le en gardant le bouillon, retirez les arêtes et émiettez-le.
- Faites fondre les dés de porc salé dans une grande cocotte jusqu’à ce qu’ils soient dorés, retirez-les et réservez-les.
- Faites revenir les oignons dans la graisse jusqu’à ce qu’ils soient dorés.
- Ajoutez le poisson, les pommes de terre, le céleri, le laurier, le sel et le poivre, puis versez le bouillon de cuisson du poisson complété d’eau pour obtenir environ 750 ml. Laissez mijoter 30 minutes.
- Ajoutez le lait et le beurre et laissez chauffer 5 minutes sans bouillir.
- Servez parsemé des lardons croustillants.
Fiche pratique
| Préparation | Cuisson | Portions | Origine |
|---|---|---|---|
| 20 min | 50 min | 6 | Nouvelle-Angleterre |
Un plat simple et chaleureux
Cette chaudrée cuite dans une seule cocotte rappelle les racines de Kennedy, né à Brookline, dans le Massachusetts, et étudiant à Harvard. À Boston, on déguste la chaudrée depuis au moins 1751, année où la première recette connue fut publiée dans un journal local ; elle associait déjà poisson et porc salé. Selon la tradition, seuls les proches du président avaient droit à cette chaudrée lorsqu’ils étaient invités à la Maison-Blanche.
Ce goût est d’autant plus notable que Kennedy mangeait peu : il fallait souvent lui rappeler l’heure du dîner. Il prenait volontiers une soupe différente chaque midi, commençait la journée par des œufs pochés sur toast, du bacon et un jus d’orange, et terminait par un plat de viande et de pommes de terre, comme des côtelettes d’agneau ou un steak.
Que servir avec ?
Une salade César, avec sa vraie vinaigrette aux anchois, et des muffins au maïs bien chauds, un autre des plaisirs du président. Les ingrédients modestes font de cette chaudrée un plat économique et une belle occasion de rendre visite à votre poissonnier.




